Nous vivons présentement une campagne électorale sans précédent, c’est-à-dire, que l’environnement est omniprésent comme sujet d’intérêt des partis politiques. Malgré des «discours fleuve» sur l’environnement, on parle surtout de gaz à effet de serre et de l’hypothèse des changements climatiques d’origine humaine. Malgré l’importance de ce sujet, la protection de l’environnement est plus complexe que cela. Aucunes plateformes électorales de l’ensemble des partis politiques et aucun programme de parti ne mentionne l’importance d’investir dans la gestion de l’eau. Lorsque l’on s’attarde à la gestion environnementale il faut considérer les écosystèmes comme un tout, c’est-à dire de l’interaction entre l’air, la terre, l’eau et les activités humaines.
Or, au Québec, on ne peut faire abstraction du fait que le Fleuve Saint Laurent et ses affluents se portent mal : Érosion des berges, espèces exotiques envahissantes, destruction de milieux humides et des zones inondables, pollution par les déjections humaines et animales, surverses des stations d’épurations municipales… Il faut se rappeler que le fleuve est le moteur de notre économie.
La dégradation de l’eau touche, à cours terme, directement les citoyens car une dégradation de
l’eau a un
impact direct sur leur vie. On a qu’à penser à la disparition de la perchaude qui met au chômage les pêcheurs
commerciaux et les activités touristiques qui s’y rattachent. L’érosion des berges a un impact direct sur la
valeur des propriétés riveraines. De plus, les sols arrachés se déposent dans les voies navigables, des marinas
et perturbent les activités maritimes. Une dégradation de l’eau a un impact important sur les activités récrétouristiques
comme la baignade ou les sports de plaisance. Les amoncellements de déchets sur les rives
dégradent la qualité de l’environnement et visuelle du Fleuve. La dégradation des milieux humides et des zones
inondables ont un impact direct sur les activités de chasse, de pêche ou d’observation de la faune. Une
mauvaise qualité de l’eau a des effets pervers sur le système de santé donc sur les finances publiques. Investir
dans l’environnement et les groupes de concertation en environnement, comme les comités ZIP (Zones
d’Interventions Prioritaires), offrent des emplois et des services à l’ensemble de la communauté. Investir dans
l’environnement est la base d’une économie saine. Malgré l’importance et l’urgence d’investir dans la gestion
de l’eau, les partis politiques investissent dans les discours et peu dans les actions concrètes sur le terrain, ce
que les comités ZIP offrent à leur communauté.
Ironie du sort, on fête cette année le 20ème anniversaire du Plan Saint-Laurent : Cette entente Fédérale- Provinciale est peut-être la dernière, car après 2010 cet accord risque de ne pas être renouvelé. Cet accord permet de financer les Comités ZIP qui sont mandatés pour prendre en charge les projets touchant le Fleuve Saint-Laurent. Ces organismes sans but lucratif travaillent d’arrache pied pour améliorer l’environnement et la qualité de vie de l’ensemble des québécois et québécoises. De plus, depuis 1998, le financement des comités ZIP n’a pas été indexé au coût de la vie. Nos comités ne demandent pas la charité, ils veulent être financés pour les services qu’ils offrent à la communauté, un exemple de «PPP communautaire». Alors, partis politiques réveillez-vous et prenez des engagements envers la population du Québec car le Fleuve et ses affluents sont la fierté patrimoniale et économique de nos populations.
Stéphane Doucet
directeur
Comité ZIP Les Deux Rives
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